C'est devant une assistance composée de «vieux maquisards» et compagnons de lutte que Si Saâdi, tout ému, a procédé à la lecture de ses mémoires de guerre,
jeudi passé, et dédicacé cette œuvre au centre commercial d'Akfadou.
Au-delà de l'œuvre autobiographique de l'auteur, sous la belle plume du poète béjaoui Arkoub Youcef, il narre les différents événements et les étapes de son implication dans les périodes pré
et post-révolutionnaires. Depuis le mouvement nationaliste où il a adhéré très jeune, jusqu'à l'indépendance où il déborde et relate également des événements : des témoignages vivants sur la
vie et la mort de certains héros à l'image du colonel Amirouche, Mohand Oulhad, Si Hamimimi, Ouamrane. L'auteur nous fera revivre des moments forts de l'histoire de la Révolution racontée
autrement en six parties. La première sera consacrée à la phase de l'avant-guerre, au nationalisme, au MTLD, rencontre avec les chefs de guerre : Didouche Mourad, capitaine Idir. Dans la
seconde, l'auteur évoque les origines de la guerre du 1er Novembre, son déclenchement, la période houleuse 54/62, et l'époque cruciale de l'opération Jumelle. En troisième partie, il parlera
de quelques faits marquant la chronologie 55/62 et enfin l'heure de l'indépendance, l'affaire des wilayas… L'auteur poursuivra en quatrième partie et donnera un aperçu sur la bataille en
Kabylie, Aït Saâda, Aït -Ouabane et les accrochages de 1960. Enfin, les deux dernières parties s'articulent autour de la biographie proprement dite de
l'auteur, où il relatera quelques anecdotes sur le colonel Amirouche, des propos de Abane Ramdane. L'ouvrage est illustré de nombreuses photos et contient des fac-similés de documents signés,
de ceux qui ont fait cette histoire contemporaine de la Révolution algérienne. Si Saâdi a peut-être osé là où de nombreux ne parviennent pas encore à témoigner, on ne peut se prononcer pour
le moment. Il a signé une œuvre autobiographique simple, modeste d'un djoundi promu au rang d'officier. Si Saâdi a évoqué ses amis et les a également convoqués aujourd'hui car, ils restent
encore des trésors et des bibliothèques ambulantes. Il leur a fait évoquer des souvenirs d'une révolution encore ardente faite par eux-mêmes et pour eux-mêmes, qui est grande, sacrée, gravée
pour l'éternité et qui s'écrit encore tous les jours grâce à eux qui sont des témoins encore là, que des documents de cette importance parlent encore d'eux.
Le livre contient 238 pages et coûte 350 dinars, donc accessible à toutes les bourses.
B. M.-O.